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Angèle Riguidel, la fée électricité

Etablie près d’Evreux, dans un « coin de campagne » comme elle se plaît à le décrire, Angèle Riguidel est une créatrice aussi attachante qu’atypique. Lumière sur ses créations, des lampes notamment, issues du détournement et du recyclage qui sont actuellement exposées à Paris jusqu’au 29 mars.

DkoMaison.com : vous exposez, du 6 au 29 mars à Paris, aux côtés d’autres artisans d’Art, qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Cette invitation par l’Atelier d’Art de France m’a fait très plaisir. Le thème de cette exposition, qui marie environnement et métiers d’art, est vraiment en phase avec mon travail. Et puis, ce nouvel espace niché sous une des voûtes du Viaduc des Arts est très beau, il faut venir le voir !

DkoMaison.com : comment est née votre passion pour le recyclage et
le détournement d’objets ?
C’est d’abord une histoire de famille. J’ai toujours vu mes parents se débrouiller avec ce qu’ils avaient sous la main. J’aime ce rapport à la matière, aux techniques, notamment d’assemblage, cet aspect très concret de la création. D’ailleurs, je me considère comme une bricoleuse – dans le bon sens du terme – plutôt qu’une artiste. Il y a dix ans, quand j’ai commencé à m’intéresser au recyclage, c’était d’abord dans un but décoratif. Dans mon coin de campagne, il n’y avait pas grand-chose côté luminaires pour la cuisine, par exemple, alors j’ai commencé à récupérer des objets, à les détourner, à leur donner une nouvelle fonction et une seconde vie en créant des cadres, des meubles. C’est devenu un jeu, une sorte de puzzle, et j’en suis arrivée à travailler la lumière.

DkoMaison.com : vous avez fait du « recyclage lumineux » votre métier, qu’est-ce cette professionnalisation a changé pour vous ?
Styliste pendant 8 ans, j’ai cherché ensuite une activité qui me permettrait de rester à la maison pour m’occuper de mes enfants tout en réalisant les choses que j’aime. Devenir professionnelle m’a peut-être portée à aller davantage vers l’extérieur, pour réaliser des expositions, comme celle-ci par exemple. Surtout, j’ai dû apprendre à laisser partir « mes » objets. C’était difficile au début, mais on fini par apprivoiser un certain détachement. On sait qu’on en fera d’autres… et il y en a, en effet, beaucoup d’autres ! Avec l’aide de mes enfants, on a commencé à les baptiser pour s’y retrouver dans cette grande famille. Et parce que s’appeler Micheline, Paslustre ou Vitaluxor, c’est quand même plus joli que de porter un numéro…

DkoMaison.com : où puisez-vous votre inspiration ?
Au départ, je travaillais quasi-exclusivement le métal. C’est un beau matériau, j’aime ce côté usinage porteur d’un savoir-faire parfois très ancien. Refondre le métal, c’est lui enlever son histoire, je préfère en raconter la suite. Aujourd’hui, je recycle aussi des objets en plastique, en verre. Répondre à la « demande » n’est pas un moteur pour moi. L’inspiration vient au jour le jour. J’aime conserver la couleur et la forme d’origine, garder les spécificités de chaque objet en leur ajoutant cette touche lumineuse. Parfois, j’ai envie de détourner des objets usuels, comme les moules à flan ou des bocaux de confiture et, à partir de ce principe, je me lance dans toutes sortes de déclinaisons. Parfois aussi, je trouve un objet unique et, à force d’associations, de démontages et de remontages, il devient cette autre chose, insolite et lumineuse… Les objets m’inspirent : j’ai eu mes périodes « cuisine », « automobile », actuellement, je suis en pleine ère « vélo ». Là, j’explore les propriétés de conduction de la chaîne. Etant autodidacte, je découvre de nouvelles techniques d’éclairage au fur et à mesure que je crée des objets, et j’aime cette variété.

DkoMaison.com : pourquoi travaillez-vous quasi-exclusivement la lumière ?
La lumière donne une âme aux objets. Et elle n’a pas besoin d’être puissante pour les habiter. J’utilise toutes sortes de leds, de lucioles, de diodes pour réaliser des créations qui éclairent de manière douce et diffuse. Pour ma prochaine exposition, qui sera présentée au mois de mai dans la boutique Renoma, rue de la Pompe à Paris, j’aimerai panacher des créations fraîchement sorties de mon atelier avec des réalisations plus anciennes. Ce sera étonnant, lumineux… et à ne pas manquer !

En savoir plus www.angele-riguidel.com
« Métiers d’art et environnement » : mise en scène par Janick Gouriou, cette exposition rassemble une vingtaine d’artistes, dont Angèle Riguidel, invitée à réfléchir sur le lien entre artisanat d’art, nature et écologie, à travers des créations contemporaines innovantes, issues de matières naturelles ou du recyclage.
Du 6 au 29 mars
à L’Atelier – Ateliers d’Art de France : 55, avenue Daumesnil – 75012 Paris – tél. 01 43 45 28 79 – viaduc@ateliersdart.com – ouvert du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h – entrée libre.
A vos agendas : jeudi 26 et vendredi 27 mars, dans l’après-midi, Nicolas Gaussen proposera une démonstration de tournage sur bois (théorie et pratique).

http://www.dkomaison.com/articles/angele-riguidel-la-fee-electricite_002_04-266-1.htm

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