La 60ème Île

INSTALLATION ” LA SOIXANTIEME ÎLE ”
RESIDENCE RECHERCHE Novembre 2021 – Saint-Jean-Brévelay, Centre MORBIHAN

Croquis la60emeile. Projet proposé en juin 2021.
Projet proposé en juin 2021.

Suite à un appel à projet, c’est l’artiste plasticienne Angèle Riguidel qui a été retenue avec son projet La soixantième île, pour aborder les thèmes de l’accumulation et de notre rapport à l’objet dans notre société de consommation. Continuer la lecture de « La 60ème Île »

la 60ème île

INSTALLATION ” LA SOIXANTIEME ÎLE ”
ANGELE RIGUIDEL, ARTISTE PLASTICIENNE
Novembre 2021 – Saint Jean Brévelay
Suite à un appel à projet, c’est l’artiste plasticienne Angèle Riguidel qui a été retenue avec son projet La soixantième île, pour aborder les thèmes de l’accumulation et de notre rapport à l’objet dans notre société de consommation. Elle s’installera à Saint Jean Brévelay pendant tout le mois de novembre, période pendant laquelle elle mènera son projet artistique avec les habitants. Il s’agira dans un premier temps de monter les reliefs et les éléments paysagers de l’ile en volume puis de faire habiter l’ile de crustacés et de créatures extraordinaires entièrement avec des objets récupérés. Pendant cette période de résidence, seront organisés des rencontres avec l’artiste, des ateliers pour expérimenter et comprendre la démarche de création de l’artiste ainsi qu’une exposition de ses travaux de recherche. De cette résidence ” naitra ” une surprenante installation à découvrir prochainement près de chez vous ! Vernissage de l’œuvre le samedi 27 novembre.

Centre Morbihan Culture- Programme de la saison culturelle Kornek 2021

Croquis la60emeile. Projet proposé en juin 2021.
Projet proposé en juin 2021.

Note d’intention
Angèle Riguidel
«La 60ème Île»
La Soixantième Île fait référence à ce qu’on appelle le 7ème continent, ce monstre de plastique1 qui fait 3 fois la superficie de la France et qui vogue sur l’océan Indien depuis sa découverte en 1997. Dans les faits, il semble que ces chiffres fassent plutôt référence à une concentration de micro- plastiques2 et non à un amas de déchets, mais le terme de « continent » laisse tout de même rêveur une fois la consternation passée. Si on parle d’île d’ici, c’est parce que le Morbihan en compte 59. Et la soixantième île serait la première île du département à se situer dans ses terres ! La Soixantième Île serait un support visuel et esthétique pour montrer l’impact réel de la surconsommation. L’idée est effrayante, mais serait joliment réalisée, et serait ainsi l’occasion d’un oxymore visuel qui séduit autant qu’il révulse. Si le sujet est terrible, la poésie n’est pas impossible, elle est même selon moi nécessaire pour toucher le public et le sensibiliser à un sujet contemporain incontournable tout en ouvrant l’imaginaire de chacun par l’émerveillement visuel. La Soixantième Île serait une expérience de recyclage en décalage avec mes projets précédents. Dans l’idéal, j’aimerais proposer aux habitants de la commune d’apporter leurs déchets sur le lieux de l’installation. Il s’agirait d’objets qu’ils auraient en temps normal déposé à la déchetterie ou sorti pour les encombrants. Si la matière vient à manquer, un accès à la déchetterie me permettrait d’avoir les éléments nécessaires à l’installation, pour être certaine d’avoir une multiplicité de matières, couleurs et textures. Pour ce qui est de la fabrication de l’île, le procédé serait le suivant. Après avoir réuni la matière apportée par les habitants et celle choisie à la déchetterie, le premier moment d’assemblage résidera dans le montage des reliefs avec les éléments les plus imposants (certainement ceux qui seront « sauvés » des encombrants). Cette première étape est la confection des éléments paysagers en volume (plages, arbres, côtes ou rochers). Chemin faisant, il s’agira de tout fixer et sécuriser. Quand l’Île trouve son volume, il faut la ligaturer, la visser, la boulonner et la coller pour former un tout qui pourra être exposé de façon stable pendant au moins un an et qui ne soit pas un danger pour un public aventureux. Enfin, l’étape finale consiste à faire habiter l’île : ce sont des monstres et chimères, tout droit sortis de nos poubelles qui peuplent un tel paysage. On imagine trop souvent l’apocalypse vide d’habitants, mais d’autres formes de vies peuvent surgir et être conçues dans un contexte imaginaire. Les créatures extraordinaires et monstres difformes peuvent entrer dans le même imaginaire que celui des habillages, en moules et coquillages. Des crustacés qui s’accrochent à cette île impliquent la preuve visuelle d’un temps et d’une nature qui reprennent le dessus. Mon travail est basé sur le recyclage depuis plus de vingt ans. Au fil des années et des expérimentations, j’ai acquis des techniques d’assemblage et de bricolage variées. Mais ce que j’ai certainement le plus musclé c’est ma capacité à voir et envisager les objets de façon astucieuse et poétique… 

texte rédigé avec Louise SIMON

Forme de l’île, relief et implantation dans la ville.
Recherche sur les créatures peuplant l’île.
Recherche d’herbes, fleurs, algues, coraux, branchages, arbres…

TOURVILLE-LA-RIVIERE

Exposition à la Mairie de Tourville-la-Rivière
Salle des Actes
Exposition du 15 au 30 septembre 2021
du lundi au vendredi 9h à12h et de 13h30 à 17h30

Recyclage sous 3 formes, 3 démarches, 3 façons d’assembler:

Cabinet de curiosités avec les pièces lumineuses, chaque pièce est réfléchie et construite avec les objets qui la compose.

VHS, principe de recyclage appliqué sur des formes, habillage en bande magnétique.

Constructions Boschiennes, camouflage des éléments formels par des poudres et pigments. Tout en intégrant des objets réels. Tentative de se rapprocher d’une réalité picturale.

LE JARDIN DES PLASTIQUES #2

Préparation d'exposition, les constructions Boschiennes, suite de l'installation "le jardin des plastiques".
Préparation d’exposition, les constructions Boschiennes, suite de l’installation “le jardin des plastiques”.

Installation sculptures: suite de l’installation commencée en 2019, elle sera présentée du 15 au 30 septembre 2021 à la Mairie de TOURVILLE-LA-RIVIERE ( Normandie, dept 76)

 Le Jardin des plastiques, fait directement référence à l’un des plus grands chef-d’œuvre de l’histoire de l’art occidental : Le Jardin des délices du peintre néerlandais Jérôme Bosch (1494-1505).

Continuer la lecture de « LE JARDIN DES PLASTIQUES #2 »

Le Jardin des Plastiques 2021

Jardin des plastiques, Construction Boschiennes. Cacher les déchets et se rapprocher d'une réalité picturale.
Jardin des plastiques, Construction Boschiennes. Cacher les déchets et se rapprocher d’une réalité picturale.

 

En plus de ses recherches habituelles sur des objets individuels, Angèle Riguidel travaille depuis le printemps 2021 sur une installation de plus grande envergure. Cette installation trouve son origine dans « Le jardin des plastiques », une recherche-création démarrée en 2019 autour de l’œuvre « Le jardin des Délices » de Jérôme Bosch. À ce moment là, il s’agissait plutôt d’assemblages d’objets mis en scène. Actuellement, les objets choisis sont d’origine plus pauvres et sont sélectionnés attentivement pour leur forme. L’objet disparaît totalement lorsque l’artiste s’approche de chaque réalisation finale, prend une dimension plus picturale et plus proche encore de l’œuvre du maître flamand.

Le Jardin des plastiques, fait directement référence à l’un des plus grands chef-d’œuvre de l’histoire de l’art occidental : Le Jardin des délices du peintre néerlandais Jérôme Bosch (1494-1505).

L’installation in situ d’Angèle Riguidel mime son titre, sa structure plastique, et si l’on s’approche encore, on se rend compte que la ressemblance au modèle original est à trouver dans chaque détail.

Ce que raconte Angèle Riguidel en clignant de l’œil au maître flamand c’est un monde beau par nature, dans ses singularités et dans l’opulente richesse du monde vivant, peu à peu submergé par une surconsommation alarmante. Car si le triptyque du Jardin des délices semble avoir pour sujet les péchés terrestres, faisant sombrer le Paradis dans l’Enfer, le Jardin des plastiques partage avec Angèle Riguidel son rapport obsessionnel aux déchets.

Dans le Jardin des plastiques tout est récupéré, les objets ont tous une histoire et un passé : ils viennent directement de matières naturelles, ainsi que de l’atelier de l’artiste qui fait depuis des années une étrange collection des marchandises dont on n’a plus voulu dans nos maison, et des ses déchets personnels. Ces objets et matières sont ensuite bidouillés, assemblés, modifiés ; et ici, les oiseaux du panneau central ont fait place à des petits chiens en plastiques, les architectures oniriques à des pots en verre venant des cuisines de mamie… Penchez-vous et comparez : tout ce qui est dans le tableau se retrouve réinterprété avec minutie et tendresse dans l’installation.

L’œuvre d’Angèle Riguidel s’est faite à plus de deux mains : les siennes d’abord, suivant celles de Jérôme Bosch, celles de dame Nature, les mains également ce ceux qui avaient fabriqué les objets préexistants maintenant insérés dans l’installation, mais celles aussi des personnes ayant participé à l’atelier de bricolage proposé pour l’exposition. Les chimères que vous voyez ont de multiples paternités / maternités.

L’artiste partage également un certain sens de l’humour avec le maître flamand : si ce qui a attiré Angèle Riguidel était peut-être d’abord l’attrait esthétique de sa peinture, l’ingéniosité du traitement plastique fait écho aux calembours visuels du Jardin des plastiques.

texte de Louise Simon, photos d’Archibald Simon.

Fontaine en verre. Assemblage d’éléments de lustres et fleurs artificielles. Construction Boschiennes.
Fontaine jeux de baignade. Assemblage de poupées et fleurs artificielles.
Assemblage tête de baigneur et théière en étain. Fontaine émotion bébé pleurant.