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L'Appartement, du 8 février au 30 mars 2013 - Ateliers d'Art de France

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Talents Opéra accueille la cuisine

exposition du 8 février au 30 mars 2013

1bis, rue Scribe - 75009 Paris - tél. : 01 40 17 98 38 - métro Opéra - talents@ateliersdart.com - www.ateliersdart.com - Ouvert du lundi au samedi de 11h à 19h

 

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"Le Frigo-Glouton "

« Toute maîtresse de maison a chez elle un appareil pour produire de la chaleur (…) mais le moment est proche (et nous devrions le vivre déjà) où chaque foyer aura une place pour un appareil à produire le froid, qui permettra de conserver les denrées comestibles (…). Les réfrigérateurs, ou armoires froides, permettent de conserver longtemps les aliments en parfait état de fraîcheur, et dans beaucoup de cas, ils en améliorent les qualités gustatives. »
L’art culinaire français par nos grands maîtres de cuisine, Flammarion 1957


Le réfrigérateur est la place centrale de la cuisine, gardant les denrées au frais, à l’abri. Mais il est aussi le reflet de notre société de « surconsommation », au trop grand nombre d’emballages, de conservateurs et bien sûr, de produits alimentaires ou non. Heureusement, la tendance est à un retour à La Cuisine essentiel, à une consommation plus raisonnée, une marche arrière sur les plats tout fait avec des produits non commestibles.
Le frigo-Glouton d’Angèle Riguidel, étant trop plein, en vomit ses boyaux manufacturés. Il suggère un univers intérieur tout droit sorti de la 4ème dimension.
    Mais le monstre est également tapissé de publicités et recettes d’une autre époque, l’âge d’or de la ménagère qui prenait le temps de cuisiner et d’ordonner  sa cuisine. L’époque dorée où la séparation se faisait entre « animaux à poils » et « animaux à plumes », où une certaine poésie avait sa place dans les livres de recettes (« faire cuire vos langues dedans », « faire dégorger la cervelle », « choisir des crêtes de coqs rosées et fermes, coupez les dents », « mettre l’animal au four », …).

    Le Frigo-Glouton est donc à l’image de la société, qu’elle soit actuelle ou passée, des 30 glorieuses à aujourd’hui, le contenu est le miroir de notre consommation, la forme elle-même représentante des normes esthétiques ou pratiques encore d’actualité.

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« L’Art Culinaire Français »

« Si l’on peut admettre que se nourrir est une obligation naturelle pour tous les êtres vivants, on peut aussi affirmer que la cuisine, autrement dit la préparation agréable et raisonnée des aliments, s’est affiné et perfectionnée à la cadence de la civilisation….
Comme le reste, comme tout dans la vie, la cuisine a dû évoluer et se prêter aux caprices de la mode, qui sévit là comme ailleurs et surtout aux possibilités ou nécessités économiques. Aux époques prospères correspondait une cuisine adéquate et aux temps de disette, une cuisine de restriction… »
L’Art culinaire français, Flammarion 1951 (1ère édition en 1945)


La cuisinière est centrale dans la cuisine, elle est fondatrice du foyer, de la famille.
La cuisinière à gaz est récente début du XIX ème siècle, à l’époque son arrivé débarrasse les ménagères de la tâche ingrate de maintenir la cuisinière à charbon ou à bois allumée avec une source de chaleur difficilement supportable. La réussite de la cuisine nécessite donc le maintien de la chaleur constante dans le four et implique selon le cas de ralentir ou de pousser le feu, soit de surveiller le feu en permanence. Le gaz apporte donc un progrès indéniable.
La cuisson, elle est ancestrale depuis l’apparition du feu à la préhistoire. Elle permet de modifier le goût, la saveur, l'aspect, la couleur, la texture, le volume, le poids, la toxicité ou les qualités nutritives d'un aliment, elle le rend plus digeste ; elle apporte une garantie sanitaire aux aliments, elle permet également de tuer ou détruire certains germes, parasites se trouvant dans l'aliment.


La cuisinière «l’art culinaire français » d’Angèle RIGUIDEL montre nos contradictions face à la cuisson des animaux ou encore plus gore celle des crustacés (Partagez le homard vivant en tronçons, commencez par sectionner la tête… nettoyez les écrevisses vivantes, châtrez les, c’est à dire enlevez leur, en la tordant, l’écaille du milieu de la queue pour en arracher le boyau intestinal…).

C’est notre rapport à la mort qui est évoqué entre nécessité, fascination et cruauté.
L’art culinaire serait il le seul art a autoriser ces tortures parce que vital (en tout cas l’art de la chasse se défend sous ce prétexte).
C’est le seul domaine qui permet d’abattre, de piéger, de tirer, de viser, de plonger dans l’eau ou l’huile bouillante, de couper désosser…. Bref de tuer d’autre être vivants et ce pour le plaisir de beaucoup.

La pression morale d’abord de notre société sur les chasseurs, les carnivores, maintenant face à l’évident déséquilibre entre le nombre d’homme à nourrir et la quantité de nourriture. Cette pression va continuer à monter, nous serons certainement tous végétarien mais ça ne nous empêchera pas de manger des insectes vivants ou de gober des huîtres, nous saurons trouver d’excellentes recettes avec des aliments pas encore exploités.

L’art culinaire mondial est en route, nos goûts s’adapteront, notre morale aussi, il ne vaut peu être mieux pas savoir comment il va se terminer, dégustons plutôt.